Verdict

 

Réunion presbytérienne : pensée bien ordonnée commence par soi-même, jugements sensés de songes démodés, le tribunal sentencieux a tranché.
 
Ils sont coupables.
 
L'un de rêver tandis que l'autre somnolait, celui-ci d'avoir franchi une barrière insoupçonnée, tel enfin d'avoir aimé. Précieux mélange, saveur étrange, choix de pouvoirs, noirs échos résonnant du fond des granges.
 
Coupables ils se sont déclamés.
 
Vents de liberté, aux futurs sans présent, volant les idées tout simplement. Irruption, sans aimer déranger. Interruption d'illusions, coupons sans répons, silences de glace au parfum d'oublies. Libérées les pensées, tout songe envolé. Première classe, première place. À l'enterrement de la vie. Rire surprise, folie grattée, pleurs ouatés, ils ont tout avoué.
 
Coupables.
 
D'aimer. De sourire. De penser voire, pire, de réfléchir. Coupables d'exister. Fantômes désormais. Aseptisés, redoutés à en être bannis. Oubliés à s'en oublier aussi. Absents maintenant, autant qu'avant. Le train est passé et ils en ont sauté.
 
Condamnés.
 
Auto-critique effondrant le public. Simplicité clamée, sérénité réclamée, invocation slammée à une paix décalée. Les mots sont vains, et cent, sans vaincre pour autant. Poésie larvée du plomb de leurs péchés. Ils ont pleuré. Fontaines innocentes de la jouvence de leurs désirs. Puis ils s'en sont allés, chacun de son côté.
 
Coupables, ils ont abandonné.

détresse pensee

22/07/2012

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